10 minutes de pur bonheur

Il y a quelques semaines, j’ai lu avec intérêt un texte de Marius Bourgeoys qui m’a fait réagir puisqu’il y parlait de l’importance de créer des relations en se rendant vulnérable.

Et si on allait plus loin…

Cet été alors que je discutais avec une collègue de la relation prof-élève, j’en suis venu à cette analogie. En début d’année, notre salle de classe est remplie  d’élèves qui sont comme des cadenas verrouillés. Petit à petit pendant l’année on trouve des clés pour en ouvrir quelques uns. 

Cependant, je n’ai jamais vu un cadenas (réel ou imagé) qui s’ouvre tout seul. Il faut être intentionnel. Pour trouver la bonne combinaison avec mes élèves je me dois de non seulement avoir une bonne relation avec eux, mais de connecter, c’est la clé! 

Pour moi, la relation est une chose qui se produit au contact des autres. Ça peut être positif ou négatif, ça ne demande pas d’effort. Toutefois, pour passer au niveau supérieur, pour connecter, c’est une question de choix: il faut y mettre de l’effort, il faut s’ouvrir pour que l’autre s’ouvre à son tour.

C’est ainsi que depuis le début de l’année je débute mes cours de français 7e année en posant la question suivante: “Dites-moi ce qui vous a fait sourire ou sourciller depuis hier.” On prend environ 10 minutes au début de chaque cours pour prendre le temps de s’arrêter, de jaser, de rire, de souffler, de ventiler, de connecter.

Personne n’est obligé de partager quoi que ce soit, mais tout le monde a le devoir d’écouter celui ou celle qui parle de ses joies et/ou de ses frustrations. 

L’idée ne vient pas de moi, mais plutôt de Monte Syrie un enseignant de l’état de Washington qui a commencé cette pratique l’an dernier sous le nom de “Smiles and Frowns”.

Le temps

Donc, 10 minutes par cours c’est 50 minutes par semaine, 200 minutes par mois et 2000 minutes pour l’année scolaire. Belle perte de temps!

Vous avez droit à votre opinion, mais depuis le début de l’année ce n’est absolument pas ce que je ressens. Au lieu d’être du temps perdu, je vois ça comme un investissement monumentale pour la suite des choses à venir cette année.

Voyez-vous, j’ai réalisé avec le temps que je n’enseigne pas pour le curriculum ou pour “passer mon programme”, j’enseigne à des élèves en chair et en os, à des corps chauds remplis de joie et de tristesse. 

Depuis le début de l’année, j’ai appris une foule de chose à propos de mes élèves. Une est passionnée des romans de Stephen King, un autre a sa chaîne Youtube, une est bédéiste, un joue au football, un autre au basket, d’autres au hockey. Je pourrais continuer comme ça pendant longtemps parce qu’avec ce petit exercice, je pourrais presque vous dire quelque chose à propos de chacun de mes 75 élèves. 

Et vous que connaissez-vous de vos élèves ? Que faites vous pour connaître l’information à propos d’eux qui ne se trouve pas dans leur dossier ?

En plus d’apprendre à mieux connaître mes élèves, j’amasse aussi un paquet d’informations utiles que j’utiliserai pendant l’année. Récemment, un élève mentionnait que la veille, il avait diffusé sa séance de MineCraft en direct sur YouTube. Pendant qu’il jouait, il demandait conseil à son auditoire sur comment effectuer certaines manoeuvres. 

C’est à ce moment que mon coeur d’enseignant a failli exploser: non seulement il rendait public ses créations, mais il allait chercher de la rétroaction en temps réel pour apprendre et s’améliorer. Ça me donne des idées… 🙂

Bienfaits pour tous

Mes élèves y trouvent aussi leur compte, ce petit moment  leur permet de respirer un peu dans leur journée. Ce petit 10 minutes vient briser la monotonie de la journée. 

En prenant la parole, ils s’ouvrent, ils prennent des risques, ils apprennent à communiquer, à écouter, à être empathique. 

Mes élèves passent toutes leurs journées assis au même pupitre à côté des mêmes personnes, dans la même classe portative (bâtiment individuel hors de l’édifice principal de l’école) où ils voient défiler plusieurs enseignants différents. S’informer à propos de comment ils vont depuis notre dernière rencontre, me semble être la moindre des choses. 

Au fil de mes lectures cet été je suis tombé sur une citation de Melinda Gates qui disait à peu près ceci:

 “Leur tasse n’est pas vide. Vous ne pouvez pas simplement y verser vos idées. Leur tasse est déjà pleine, vous devez donc comprendre ce qui se trouve dans celle-ci.”

Ainsi, essayer d’emplir une tasse qui est déjà pleine ne résulte à rien, de là l’importance de prendre le temps de connecter au début de chaque cours, pour voir ce qu’il y a dans cette tasse. Quand c’est fait, l’apprentissage peut commencer…et ils boivent vos paroles! 😉

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